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Publié le 16 Octobre 2026

Un nouveau décret, le n°2026-863 du 12 septembre 2026, fixe un seuil très bas d’émissions de CO2 pour les systèmes de chauffage et d’eau chaude dans les bâtiments neufs. Résultat concret : dans la plupart des cas, il ne sera plus possible d’installer une chaudière à gaz dans une construction neuve, même en simple appoint.
Si vous envisagez de faire construire une maison ou un logement, ou de lancer une extension importante, cette nouvelle règle peut changer vos choix de chauffage. Voici, en langage clair, ce que dit le texte et à partir de quand il peut concerner votre projet.
Le décret n°2026-863 du 12 septembre 2026, pris pour l’application de l’article L.171-1 du code de la construction et de l’habitation, vient préciser les exigences de performance environnementale pour l’installation :
Ce décret s’inscrit dans la continuité de la réglementation environnementale des bâtiments neufs (RE2020) et transpose des articles de la directive (UE) 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments. L’objectif est clair : accélérer la sortie des énergies fossiles dans les constructions neuves, en particulier le gaz.
Pour cela, le texte modifie l’article R.171-13 du code de la construction et de l’habitation et insère une nouvelle section dédiée aux exigences de performance environnementale des équipements dans les bâtiments neufs ou parties de bâtiments neufs.
Le point clé du décret est la fixation d’un seuil maximal d’émissions de gaz à effet de serre pour les équipements installés dans le neuf : l’équipement doit respecter un résultat de performance environnementale inférieur à 79 grammes équivalent CO2 par kilowattheure d’énergie finale en PCI.
Ce seuil de 79 gCO2/kWh, appliqué aux différents types d’énergie (gaz, fioul, électricité, etc.), revient à exclure, dans les constructions neuves :
Autrement dit, si vous comptiez équiper une maison neuve avec une chaudière gaz (même en simple appoint d’un autre système), ce seuil rend ce choix impossible dans le cadre standard posé par le décret.
Le texte prévoit toutefois des situations particulières dans lesquelles le seuil de 79 gCO2/kWh ne s’applique pas :
Dans ces cas, l’installation d’un équipement qui dépasserait ce seuil peut rester possible, à condition de rentrer dans les dérogations prévues.
Le décret prévoit des dérogations, mais elles sont encadrées et ne concernent pas tous les projets. Elles sont particulièrement ciblées sur les extensions de bâtiments.
Le texte précise que la disposition ne s’applique pas dans certains cas d’extension :
Dans ces cas précis, une dérogation au seuil de 79 gCO2/kWh est prévue par le décret.
Pour bénéficier d’une dérogation, le maître d’ouvrage (la personne ou l’entité qui porte le projet de construction ou d’extension) doit justifier sa situation par une note. Cette note doit être réalisée :
Le décret précise que cette note doit être conservée pendant toute la durée de vie de l’équipement concerné. Pour vous, cela signifie qu’en cas de dérogation, ce document devient une pièce importante à garder avec vos autres documents de construction et de chauffage.
Le décret entre en vigueur le 1er janvier 2027, mais son application est progressive selon le type de bâtiment et de maître d’ouvrage.
Ce qui compte pour savoir si vous êtes concerné, ce n’est pas la date de fin de chantier, mais la date de dépôt de la demande de permis de construire ou de la déclaration préalable.
Si vous préparez un projet de construction ou d’extension, plusieurs questions pratiques se posent.
Pour savoir si ces nouvelles règles s’appliquent à votre cas, vous pouvez vous appuyer sur trois points :
En règle générale, plus votre projet est récent et plus il est probable qu’il doive s’inscrire dans ce cadre de sortie des énergies fossiles. En cas de situation particulière (extension, contraintes de servitudes, droit des sols), la possibilité d’une dérogation dépendra des critères précis décrits par le décret.
Le décret fait aussi référence au décret n°2022-780 du 4 mai 2022, qui encadre la qualification des auditeurs réalisant l’audit énergétique requis pour certaines ventes ou pour l’accès à des aides à la rénovation. Pour vous, cela signifie que, lorsqu’un audit énergétique est utilisé pour justifier une dérogation, il doit être réalisé par un professionnel répondant à ces critères de qualification.
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) et l’audit énergétique restent des outils clés pour évaluer la performance environnementale de votre logement et la cohérence de votre système de chauffage avec ce nouveau cadre réglementaire.
Avec le décret n°2026-863, la question "Puis-je installer une chaudière à gaz dans une construction neuve à partir de 2027 ?" reçoit une réponse très encadrée : pour les constructions neuves, les équipements dépassant le seuil de 79 gCO2/kWh, dont les chaudières gaz, sont écartés, sauf cas de dérogation bien précis (secours, réseaux de chaleur ou certaines extensions).
Si vous avez un projet de construction ou d’extension, l’enjeu est désormais de vérifier à quelle échéance vous entrez dans ce calendrier, de clarifier si vous êtes dans un cas standard ou dérogatoire, et de choisir un système de chauffage compatible avec ces nouvelles exigences. Un diagnostic énergétique et un accompagnement adapté peuvent vous aider à sécuriser vos choix avant le dépôt de votre permis de construire.